Write it down. Que voulez-vous ? Voler les ordonnances,
braquer la pharmacie, sous forme
de pillls, sous forme de clés. Clés USB, de nombreux fichiers, le tout fera mon
bonheur, enfin la joie de vivre, ou bien simplement repousser la dépression,
savoir qu’on a mis fin à la vie d’un homme, achever un monde, à quoi cela
peut-il mener ? Need a drink Darling, pour me some gin. On the rocks, du
haut de la falaise, et le spectacle du déchainement spectral, personne d’autre
que moi ne semble y croire, j’y ai pourtant vu quelque chose. C’était en vie,
non ce n’était pas une image, et cette surface n’était pas si plate après tout,
pleine des rugissements propres à la bête enfermée, frappe la surface de glace.
Implosion.
Recommence.
Il crie toujours, il est encore en vie, continuez vos
recherches, mais avec précaution. Et puis vous l’atteindrez, un visage humain,
c’est l’heure de l’achever dans ce cas. Il a trop souffert, ou pas assez.
Faisons-lui vivre sa vie. Ce sera sa fin. Où est la mer déchainée ? On s’y
jette, on ne l’atteint jamais, on se précipite dans la gueule d’un monstre
autrement plus terrifiant. Jusqu’ici tout va bien mais ce n’est pas la chute
qu’il faut redouter. La première vague vous gifle le visage : retour à la
réalité.
Contact avec l’écume, trouvez-moi de l’air, de l’espace, je
ne retiendrai pas ma respiration. Je veux continuer comme si jamais l’eau ne me
remplissait les poumons. Et ce visage qui attire, toujours plus abyssal. Tu le
contemples encore comme le visage d’un homme. Le dialogue est impossible.
L’eau est glacée, le premier contact ne conduisit à aucune
explosion de cervelle, car la glace permet une certaine élasticité pour les
âmes sensibles qui ne se sont abstenues. Elle m’a attendue, tendue les bras,
puis l’enserrement. Suffocation, la glace m’a happé, pris totalement avant de
me figer en elle, bien loin de son cœur de givre, écrasé entre deux doigts. Ne
te débats donc plus ainsi, laisse-toi aller au désespoir, le visage inhumain
car figé désormais. Sa force en est démultipliée, qu’a-t-il été tout ce temps,
et toi qui pensait le connaître. Tu le reconnais, il nargue au bas de toutes
les falaises. Hypocrite. La glace est la toile de cette araignée. Admirable
spectacle, l’intelligence dont elle est capable, que de l’avoir vue tisser son histoire.
Mais elle est redoutable, et sa mort elle ne la tisse pas, elle ne la prépare
pas, elle la feint. Et comme si durant les séances de contemplation j’avais été
empoisonné, ou bien quelques fils collants venus sournoisement faire de moi la
marionnette de mes sentiments, appel de la destruction.
On rigole toujours quand le personnage tente d’atteindre
l’hologramme. L’écume encore une fois vient claquer la réalité en pleine tête.
Pris du désir de toucher l’hologramme ? C’est bien qu’il existe
véritablement, mais ailleurs. Est-il en train… ? Le même faciès
insupportable, en boucle, insupportable car encore humain. Folie destructrice…
Et nous voilà revenus à la phase de pétrification. Ce regard surhumain,
pénétrant, médusin, combien de fois a-t-il croisé le regard de la caméra,
croisé notre regard, avant de mourir ? Et il reste si paisible, on attend
de le voir continuer à vivre, mirage. Pourquoi chercher une face amie dans
l’eau… Mirage. L’eau disparaît, liquéfaction, évaporation, elle n’était jamais
là, alors comment pouvait apparaître ce visage ?
Mais gardons-en quelques gouttes, au cas où. C’est pas si
simple de traverser le désert, autant s’armer d’imaginaire. Quelques mégas
d’interaction. Divertissement ou désert, l’horizon est visible, tant que je ne me
taille pas de nouvelles falaises.
A la hauteur de mon espoir, mais ce n’est pas moi qui leur
insufflait la vie. Je peux encore abreuver le désert.