mercredi 7 mars 2012

Season Finale


Write it down. Que voulez-vous ? Voler les ordonnances, braquer la pharmacie,  sous forme de pillls, sous forme de clés. Clés USB, de nombreux fichiers, le tout fera mon bonheur, enfin la joie de vivre, ou bien simplement repousser la dépression, savoir qu’on a mis fin à la vie d’un homme, achever un monde, à quoi cela peut-il mener ? Need a drink Darling, pour me some gin. On the rocks, du haut de la falaise, et le spectacle du déchainement spectral, personne d’autre que moi ne semble y croire, j’y ai pourtant vu quelque chose. C’était en vie, non ce n’était pas une image, et cette surface n’était pas si plate après tout, pleine des rugissements propres à la bête enfermée, frappe la surface de glace. Implosion.
Recommence.
Il crie toujours, il est encore en vie, continuez vos recherches, mais avec précaution. Et puis vous l’atteindrez, un visage humain, c’est l’heure de l’achever dans ce cas. Il a trop souffert, ou pas assez. Faisons-lui vivre sa vie. Ce sera sa fin. Où est la mer déchainée ? On s’y jette, on ne l’atteint jamais, on se précipite dans la gueule d’un monstre autrement plus terrifiant. Jusqu’ici tout va bien mais ce n’est pas la chute qu’il faut redouter. La première vague vous gifle le visage : retour à la réalité.
Contact avec l’écume, trouvez-moi de l’air, de l’espace, je ne retiendrai pas ma respiration. Je veux continuer comme si jamais l’eau ne me remplissait les poumons. Et ce visage qui attire, toujours plus abyssal. Tu le contemples encore comme le visage d’un homme. Le dialogue est impossible.
L’eau est glacée, le premier contact ne conduisit à aucune explosion de cervelle, car la glace permet une certaine élasticité pour les âmes sensibles qui ne se sont abstenues. Elle m’a attendue, tendue les bras, puis l’enserrement. Suffocation, la glace m’a happé, pris totalement avant de me figer en elle, bien loin de son cœur de givre, écrasé entre deux doigts. Ne te débats donc plus ainsi, laisse-toi aller au désespoir, le visage inhumain car figé désormais. Sa force en est démultipliée, qu’a-t-il été tout ce temps, et toi qui pensait le connaître. Tu le reconnais, il nargue au bas de toutes les falaises. Hypocrite. La glace est la toile de cette araignée. Admirable spectacle, l’intelligence dont elle est capable, que de l’avoir vue tisser son histoire. Mais elle est redoutable, et sa mort elle ne la tisse pas, elle ne la prépare pas, elle la feint. Et comme si durant les séances de contemplation j’avais été empoisonné, ou bien quelques fils collants venus sournoisement faire de moi la marionnette de mes sentiments, appel de la destruction.
On rigole toujours quand le personnage tente d’atteindre l’hologramme. L’écume encore une fois vient claquer la réalité en pleine tête. Pris du désir de toucher l’hologramme ? C’est bien qu’il existe véritablement, mais ailleurs. Est-il en train… ? Le même faciès insupportable, en boucle, insupportable car encore humain. Folie destructrice… Et nous voilà revenus à la phase de pétrification. Ce regard surhumain, pénétrant, médusin, combien de fois a-t-il croisé le regard de la caméra, croisé notre regard, avant de mourir ? Et il reste si paisible, on attend de le voir continuer à vivre, mirage. Pourquoi chercher une face amie dans l’eau… Mirage. L’eau disparaît, liquéfaction, évaporation, elle n’était jamais là, alors comment pouvait apparaître ce visage ?
Mais gardons-en quelques gouttes, au cas où. C’est pas si simple de traverser le désert, autant s’armer d’imaginaire. Quelques mégas d’interaction. Divertissement ou désert, l’horizon est visible, tant que je ne me taille pas de nouvelles falaises.
A la hauteur de mon espoir, mais ce n’est pas moi qui leur insufflait la vie. Je peux encore abreuver le désert.

lundi 20 février 2012

Elle s'en prend plein la gueule.


You ain't got a clue. Tu n'as aucune idée de ce que tu dois faire. Tu restes planté là comme devant ta première fille, les yeux ne savent pas trop où se tourner. Tu cherches à agripper ton regard quelque part. Une inspiration particulière? Dans cette pièce que tu occupes depuis si longtemps? Pas grand chose à se mettre sous la dent, si ce n'est ton manque d'imagination. Il ne s'agit plus de toi à ce moment là. Elle est là en face de toi.

Mais pour toi c'est chaque fois comme une première fois.
Et tu ne peux même pas lui demander ce qu'elle en pense, vide la pauvre, la tête vide tant que tu ne l'auras pas toi-même bien remplie. Ou bien tu peux jouer avec ce que tu trouves sous la main. Non pas du tout! c'est tout à fait commun! Invisible ink? Ca n'arrange pas nos affaires. Mais tu es plein de ressources!
Que vois-je? Des artefacts des anciens temps? Oui j'ai encore des crayons de couleur dans ma trousse, je les sors même assez souvent. Pour ce qui est de dessiner… Il faudra voir avec la dernière feuille que j'ai froissée. Elle manquait vraiment de répondant, toute fière de son cheval avec une épée sur le front – non pas de licorne chez moi monsieur – tellement fière qu'à peine esquissée elle était déjà bonne à jeter.
Tous à la marge!
Oui je les jette comme ça moi. Ce que j'ai en nombre je le gâche. La beauté du brouillon c'est qu'il n'est pas reproduit ; à l'heure de la reproductibilité numérique le réel n'est plus inspiration mais matériau. 
Je ne me suis pas encore mis à la gravure, mais à quoi bon graver des lettres, à quoi bon les reproduire, on en revient toujours au papier et on en oublie ma calligraphie.Il faudra la soigner cependant, la rendre moins fébrile ou tout l'effet est perdu.
Mais le regard ne se perd pas dans les boucles de ses lettres : il n'a plus le temps de fuir dans son flot d'inconscience. Tiré au lit.

L'obsession cependant, est celle d'une première fois. Et même en regardant dans le blanc de la page il ne peut voir autre chose que son image. Un sourire en coin, elle partage sa déception. Elles pensent toutes comme moi, c'est là que tu sens toute la stupidité de la chose. Quoiqu'il advienne tu reviendras toujours à celle-là. Tu espères toujours que s'en soit une autre, écris ton roman sur un rouleau de pq. Mais pauv' demeuré qui t'a demandé d'écrire entre les lignes? A force d'encre tu vas finir par trouer le papier il n'en restera rien.
Si seulement il parlait de filles, il pourrait s'en sortir. Mais lui s'en tient à ses mouchoirs. Blanc sur blanc pas de mauvaise foi, et cette fois ne reflète qu'un abîme aveugle.
Elle est en face de toi. Right here right now.  Et le pervers sentiment d'une innocence retrouvée.

Achievement unlocked. Un premier mot. Il ne lui en faut pas plus pour se dire que c'est la fin. Après tout il s'agit de son plaisir et celui de personne d'autre, il sait qu'il ne finira pas seul. 

vendredi 10 février 2012

On achève bien les enfants. Double Tap.


Il est encore malhabile. Manier le cerceau, le balai. Tu le sais toi aussi, comme un enfant, toujours enfant. Le souvenir des étourdissements, à force d'agiter les bouts de bois au-dessus de la tête. 
Brain freeze, ça c'est quand tu avais mangé trop de glace.

Le son des cors tristes, mon gars t'es pas encore sorti de l'enfance.

Le jeu à présent c'est la tragédie d'une vie! Retrouver l'enfant, chaque minute devait se vivre comme au journal de 20h. On ne montre pas son désespoir pour ne pas perdre d'audimat, on prépare son deuil dans le secret de la chambre, loin des caméras. Truman Show j'y reviendrai plus tard. Parents avouez, vous n'êtes pas innocents, sous la lumière blafarde vous refoulez vos souvenirs navrants. Il est là quelque part, d'aucuns l'entendent retenir ses pleurs. Jeu masochiste, parce qu'on a pas profité de la période angélique, la période naïve. C'est lui qui le dit, moi je refuse de frapper mon enfant.
Grand enfant ou maman poule, j'ai raison tu as tort, j'ai éduqué le mien à ne pas se faire les veines, il a grandi et a remplacé ma vieille carcasse.
Un enfant riche de sagesse. Bonsoir, il se fait bien rare de croiser une si radieuse immaturité. Nous avons raison ils ont tort : notre réalité vaut mieux que tous les happys meals du monde.

Disparu avec votre adolescence. Toute recherche est inutile, retournez tourner en rond dans votre cellule.

Tous adultes, tous flics. Le monde virtuel répand une douce anarchie : on croit que l'on ne laisse pas de trace, ou bien on les souligne, bien visibles à qui veut nous suivre. C'est prendre les chemins escarpés, ceux qui mèneront chez nos voisins. C'est ici que se poursuit la recherche, mais l'on ne cherche plus notre enfant, d'enquête en enquête on trouvera celui d'un autre. Flashback querelle infantile, tu m'arraches le jouet des mains, voilà l'enfance que je n'aurai pas, je me contente d'une autre. Et maintenant j'apprends qu'elle ne m'appartient pas? La conspiration est claire à mes yeux! Je les vois du haut de ma colline!
Une secte de millions.
Leur capuche ne voile pas entièrement leur visage. Adultes désemparés, moralisateurs perturbés. L'autel de leur enfance brûle plus vivace que jamais, ils expient leurs inconvenances. Réjouis-toi tu n'es pas seul, ton enfance n'est pas à toi, ils l'ont tous eu et tous l'ont étouffé. Cérémonies païennes déréistiques.  
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 Je rampe dans les buissons, je dois me rapprocher, mes acolytes de crime avancent avec moi. Le feu nous fascine, ce grand feu de loi. Il en impose, il a des éclats métalliques, si vrais, si limpides, que notre œil s'y reflète. Nous reconnaissons les rituels, des hymnes si pauvres, et des coutumes si poreuses qu'ils dansent chaque fois une danse différente. Les voilà qui apportent les corps. Cette clairière si lumineuse se révèle un charnier écœurant. Les voilà qui apportent les corps, de petites choses couvertes de drapeaux colorés. Sans sommation ils sont jetés au feu. Il me semble les voir bouger entre les lames incendiaires.
Ils se repaissent de ce spectacle, ses corps sans vie qu'ils ont déterrés, ils les tuent maintenant. Ils le font tous, pourquoi pas toi?
Va donc, culpabilise sur ton enfant perdu : la nostalgie perce plus violemment encore les âmes des plus farouches.
Crève charogne, tu te nourris de chair pourrie, des lambeaux de souvenirs. Tu es irrécupérable, la pestilence même que tu t'acharnes à dépecer. Où est cet esprit d'enfant? L'esprit d'un créateur? Va trainer tes pantoufles ailleurs, et n'oublie pas les poubelles en sortant.

Les caméras te suivent partout, c'est le suspense de toute une vie, la traversée d'un océan : il n'y a qu'une porte que tu dois ouvrir… mis à part celle du frigo s'entend. Je serais fou si je ne pouvais ouvrir le ciel.

mardi 31 janvier 2012

Mordre à pleine dent


Courir.

Il s’est trompé de file. Et à force d’homonyme, il en vient à tomber sur la corde plus haute que lui.
Le même couloir (un rêve récurent ? non il n’avance pas il se prépare seulement) d’ailleurs il n’était pas seul. Tous se précipitent, qu’on m’acclame ! avant que la course ne commence.
Il tire le mauvais fil. Avant même que la course ne s’engage. Le nez sur l’asphalte, il n’a pas le sens de la compétition. Il s’y sent bien, il a trouvé sa ligne. 
Pas besoin de la suivre se dit-il, aussi infinie qu’elle soit, je la recouvre toute entière de ma flemitude. 

Et puis tout le monde sait que le caniveau mène à la Seine, on nagera une fois la défaite effacée.

Prêt.

Sans lever le nez en l’air, il sait que personne n’est encore parti. D’ailleurs il n’est plus très sûr de qui a eu l’idée de s’inscrire. Détonation. Oui c’est bien ce qu’il pensait, il sent les pieds lui détruire le dos. Mais tant que sa grosse tête les empêchera de passer, il ne les verra pas le dépasser.
Voilà un coureur qu’on ne souhaite pas mener. L’écraser encore moins, ce serait mettre les deux pieds dans la merde. 

Ramper.

Voilà une âme ? Ces quelques molards rouges qu'il crache sur le côté. Il part. Il les suit de loin, pour lui il est déjà devant. Il tarde à se relever, quatre pattes d'abord, l'effort d'un enfant.
Je le vois passer devant moi, corbillard en trombe. That is him. Not me. That giant head-thing I refuse to hate. The more I hate the more I feel it gasping for air. Kill it already.
Honte à vous! Son âme s'étouffe dans la boue, il tombe, repart. Ne l'aidez pas il sait ce qu'il fait.
-Kill me already. C’est tout ce qu’elle demande. Mais le passage à l’acte, il me l’a volé, il le cache sous ses tripes. Il ou elle, ils s’y mettent à plusieurs. Cette âme pernicieuse vous suce votre niaiserie putréfiée. Le passage à l’acte, je dois me l’approprier, tuer l’utilité d’une âme. Rendre l’acte à l’acte.
J’attends toujours, je cherche en vain à lui voler son acte. Acte de bravoure, appelons ça acte médiocre. Disons plutôt que ce n’est pas d’un fardeau que j’essaie de me débarrasser mais du trou béant à mes pieds. Il m'a dépassé et le monde s'effondre derrière lui.
Gueule d’immondice.
Oui, cette fois c’est moi qui le dit, d’abord je t’arrache les mots de ta gorge menteuse. Te saigner à blanc, y laisser la brûlure noire.
Je ne me sépare de personne, non je ne l’abandonne pas. Car personne ne le réclamera. Il est déjà mort. Seulement c’est à moi de le reconnaître. Parmi eux. D’autres. Sauter de gouffre en gouffre. Je saurai lequel aura été illuminé. Purification par le feu. Quite amusing, un semblant de religiosité, qui aurait pu lui appartenir.

lundi 23 janvier 2012

Moi je et encore (écriture automatique)


Il se retrouve seul. Ici. Enfin ça c'est moi qui le dit, moi aussi j'attends. Je m'invente un personnage, pâte à sel, mais je n'arrive déjà plus à le manipuler.
                                                                                           Sois ma chose.
Il ne répond pas, suis-je obligé de le préciser, il n'a pas encore de voix. Il s'est évadé trop tôt, reviens dans ma paume. Il ne m'entend pas, pas encore. Je me sens dépouillé, son silence me met à nu, be strong. Où est la corde? Qu'on le pende comme tous ces autres pantins. Je le ferai revivre comme tous ces autres prophètes.
Le nœud coulisse, on entend déglutir. La foule est en délire, elle était trop lasse de ne pas voir le pantin mourir. C'est alors que je sens la corde au cou, il ne m'a pas prévenu. Joue pas au magicien avec moi.
Qui? Moi?
Encore là?
Crève qu'on en finisse. Il était effrayant ce pantin, sans voix, il espérait me faire pendre, moi qui l'ai crée. Vous ne l'entendez pas crier? Comme une bulle, instable, il éclate il s'évanouit.
Et je suis encore là. Il m'a presque ému. Il a pris son rôle tellement à cœur. Il n'a jamais su que le couperet serait pour lui.
Ne me contredites pas. J'ai le choix sur sa mort, si c'est à refaire je le referai, à la hache, vous vouliez du brutal.
Il est dans ma tête encore. Qu'on m'ampute. Même si pour cela je ne dois plus pouvoir boire.
Je est ma création. Et je ne sentait pas mourir. Et je regretta son offense, Praise him. Pourvu que je te craigne.
Ma mort, la mienne, sera ailleurs, inconnue, incomplète, au bout de la ligne.

Sauvegarde automatique. 

Le temps de retrouver des points de vie, de reprendre sa vie. Existenz. 

On ne sait pas trop où on en est, je ne demande rien aux joysticks de la réalité. Toutes les possibilités, encore, c'est pas banal des rêves en boîte. Tomato soup, et celui qui dira vouloir accrocher ton visage sur tous les murs n'est pas plus fou qu'un autre. Autant dire que la chirurgie esthétique profite aux murs vierges. Mais là n'est pas la question box. Frappe fort et le hasard jouera à son tour. Frappe fort et l'autre paiera.
Mais bien évidemment c'est de la prose de bébé!
J'en entends encore qui se lamentent car ils ne sont pas à plaindre. Et d'autres qui aiment se déchirer la poitrine. C'est vrai que cette soupe c'est du condensé, sans conservateur, sans ordre.
Tu es bonne
 à jeter.
Il a perdu le fil, et ne me dites pas que c'est comme ça qu'on joue, tous les jeux poussent sur des arbres. Cela dit on peut aussi se servir de la branche si tu as tellement envie de te faire rosser à coup de bâtons.
Too much. C'est de la prose de trainée. Elle a snifée toutes les lignes bien tracées. Vision perturbée, équilibre en péril, et les géants ne cessent de tomber. Les chiottes sont trop loin pour aller vomir.

Tu vas mieux? Je te ferais dire que t'as salopé ma feuille blanche, tu pourrais prévenir avant de t'affaler comme ça dans ma chambre. Quoi un balai dans le cul? Ptit gars de la capitale, il a jamais fait le ménage? Belle tête à claques ouais, et sans neurone? Tu t'en es pris beaucoup dans ta jeunesse?
Parle moi plutôt de tes parents. Fucking Godwin point de la thérapie.
Même toi tu me laisses tomber? Remets donc ton masque, il fait chaud mais au moins la foule te voit aussi bien que toi (tu l'emmerdes)

mardi 17 janvier 2012

Couteau sans pointe


Il paraît, qu'un moment d'écriture vaut toutes les cendres d'un incendie.
C'est lui qui le dit.
Il paraît que je ne saurais pas obtenir ma part du récit.
C'est lui qui le fit.


Le monologue dit : Un autre pion, il allait prendre ma part du gain, il allait me supprimer comme tous les autres larbins.
D'ailleurs je n'ai pas idée de ce qu'il manigance, je ne lui ai pas demandé de raisons, tant que ses affaires ne touchent pas aux miennes je ne vois pas, je fais l'aveugle. On le sait tous. Alors on reste terrés en silence. Le couteau pointé devant nous, recroquevillés dans un coin. 
Un mal inconnu surprend la lame, dévie le métal et s'en prend à la chair.

Je me sentais en sécurité ici, armé jusqu'aux dents mais encore capable de crier. Personne n'allait m'entendre cependant. Je n'étais pas innocent, j'avais laissé le mal en ma maison.
Une histoire d'assurance? Ils ont kidnappé ma femme, qu'on me panse ma blessure en cash. Il ne faisait pas encore ce temps pourri qui aurait laissé les traces jusqu'au chalet. Et puis on ne vit pas dans le Wisconsin où je ne sais quel triste Etat habitué à ses sanglantes histoires enneigées.
Il pense à Fargo, et au jus de framboise qui asperge la neige. Tout le monde voudrait y goûter.  C'est mal écrit, mal tourné. On voit bien le budget limité.


Actions.

Pause déjeuner, déjà. Aucune scène n'a été tournée, les acteurs entrent à peine dans leur personnage. On cherche le cri suraigu, qui déchirera la pellicule. Imax suffira, ils n'en croiront pas leurs esgourdes.
Ouvrez grand les écoutilles, demain même heure je veux vous voir sur le pont. On reprend les préparatifs. L'acteur principal montre son agacement, claque sa maquilleuse. Plusieurs jours qu'il se tient avec son couteau sans être filmé. Il reste là, il attend, et personne ne sait si on l'attend. Il devra survivre encore, mais hors du feu des projecteurs. La caméra branle alors qu'on la tire jusqu'à l'entrepôt, on ferme la porte à clé. 
C'est le moment de briller. Qui aurait cru, un visage si banal, pas fait pour les affiches, le teint qui rayonne sous les lumières lourdes. Il garde son couteau, ce n'est pas un faux, il ne se rétractera pas, il a vérifié, il s'est même blessé, il ne faut pas croire qu'il soit si futé.

Il plonge sur sa proie, le studio est presque vide, pas un cri, l'obscurité étouffe son regard apeuré : la clé.

Panique sur le plateau, il est introuvable. Personne n'a retrouvé le corps du gardien mais qui s'en soucie? Il a une femme des enfants, on s'occupera de les nourrir. Toujours introuvable. Pourtant la lumière est allumée dans l'entrepôt.

Il est là : il fixe la caméra. elle tourne, elle tourne toujours, pas de pellicule mais la mélodie lancinante du moteur apaise sa main meurtrière.
-       Montre moi ces émotions, c'est cette rage que je veux, ce regard vide, bestial. On refait une prise.
-       Malheureusement ce couteau-là était en plastique. 
                

                                         Crédits. Fabula fabulae acta est.

dimanche 15 janvier 2012

Kids these days


Nothing I hate most than kids… Because I may have been one, a stupid one.
Mais ce n’est pas véritablement adulte de ma part de décider de supprimer, purement et simplement, tout souvenir d’enfance.
Ce qu’il est nécessaire de garder, le kit du parfait adulte empêtré de ses rêves d’enfant, c’est la mémoire collective, celle-là seule qui permet l’interaction sociale. Ce n’est plus un jeu, c’est une monnaie comme une autre, on n’échange plus de Pokémon mais l’expérience que chacun a nécessairement eu ; si l’on veut partir de zéro, se mêler uniquement à la mémoire collective.
Au contraire ne pas partager cette part d’enfance dévoile une monnaie toute différente, et c’est soi-même que l’on se voit obligé de divulguer, notre enfance devient une matérialité, un objet qui met en danger.
N’être que signes, des éléments dispersés qui ne forment pas notre nom, simplement le mot jeunesse. Un mot peut être constitué de si nombreux matériaux ! L’architecture ne doit pas être fragile, elle ne doit pas être inaccessible, elle doit se fondre dans le paysage urbain.
Ou du moins c’est ainsi que j’ai choisi ma jeunesse. Je crois qu’il ne m’en reste aucune,  elle ne s’est pas dispersée, seulement effacée. Alors ce sont les études, et la métaphore de l’architecture. Partager sans avouer, et ne pas dévoiler la tour qui s’élève.
Fondations hexagonales en carton pâte, qui forment toutefois les premiers contours.
Culture pop prémâchée et recrachée. Pas de gâchis il a fallu tout y faire passer.
Mais l’artisan est déjà trop occupé, sa ville n’a pas encore sept murailles, il n’a pas encore jeté un coup d’œil aux plans de la cité. N’ayez crainte les murs tiendront, mais après tout, des fortifications seules ne sont-elles pas elles-mêmes un ouvrage qui… Nevermind. Cultiver la cité.
Je ne me vois pas vivre dans un immeuble en construction. Lâcheté de ma part, cette ville doit laisser une trace dans l’architecture du monde, il faut permettre aux hommes d’y vivre.
Quand je dis hommes, il s’agit de moi. Et celui qui souhaite dompter la matière toujours changeante de l’écriveron.


Et plus présent. 22/07/11